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Certification périodique : la maison tient enfin debout mais une brique manque encore

  • 20 avr.
  • 3 min de lecture

Avec la publication, fin février 2026, de l’arrêté fixant les référentiels de certification périodique, le dispositif entre dans une nouvelle phase. Pour la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), interrogée par Medscape, « le dispositif est désormais pleinement opérationnel ». Une affirmation à nuancer : si l’architecture réglementaire est désormais stabilisée, l’outil central de suivi, le téléservice « Ma Certif Pro’Santé », prévu dans les textes, n’est attendu que d’ici fin 2026. 

L’issue d’un long parcours

Instituée par la loi du 24 juillet 2019, la certification périodique vise à « garantir le maintien des compétences, la qualité des pratiques professionnelles, l’actualisation et le niveau des connaissances » des professionnels de santé. Elle concerne un large périmètre : toutes les professions de santé encadrées par un Ordre. 

L’ordonnance du 19 juillet 2021 en a précisé les contours, posant les bases d’un dispositif structuré autour d’un cycle de six ans. Depuis le 1er janvier 2023, date d’entrée en vigueur, le cadre s’est progressivement construit, jusqu’à la publication récente des 52 référentiels par profession et spécialité établis par les CNP. Un pensum de 1500 pages (à double pagination), dans lequel un professeur de médecine ne retrouverait pas ces petits ! 

Preuve (presque) par tout moyen

La certification périodique repose sur une logique plus large que celle du DPC. Sur une période de six ans (avec une dérogation pour les pros diplômés avant le 1er janvier 2023, qui auront 9 ans pour leur premier cycle), les professionnels doivent valider des actions dans quatre thématiques : « actualisation des connaissances et des compétences ; amélioration de la qualité des pratiques professionnelles ; renforcement de la relation avec les patients et prise en compte de la santé personnelle du professionnel ». Concrètement, cela se traduit par la réalisation de deux actions dans chacune de ces thématiques, soit un total de huit actions sur un cycle complet, mais sans notion de nombre d’heures. 

Une souplesse importante est prévue : si les actions réalisées dans le cadre du DPC sont validantes pour la certification (ainsi JIMdpc vous accompagnera dans cette nouvelle obligation), selon les spécialités, les professionnels de santé pourront également choisir les formations labélisées FAF-PM (Fonds d’assurance formation de la Profession médicale), la participation à certains congrès, à des staffs hospitaliers, l’abonnement à des revues à comité de lecture, l’inscription au comité de ces mêmes revues, des programmes délivrés par des organismes de non-dpc, la collaboration à certaines commissions, etc. Reste, il faut le rappeler que le DPC, partie intégrante de la certification périodique est appelé à disparaître à la fin de l’année (bien que cette décision attende toujours sa feuille de route). 

Les messieurs Jourdain de la Certif’

Trois ans après son entrée en vigueur, l’appropriation du dispositif reste difficile à évaluer précisément. En l’absence de plateforme de suivi, il n’existe pas de vision consolidée du nombre de professionnels engagés dans la démarche.

Quelques indicateurs émergent toutefois. Le CNP de médecine générale recense environ 300 médecins ayant déjà engagé des actions de formation entrant dans le cadre de la certification. Ils sont certainement beaucoup plus nombreux, ainsi, comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, beaucoup d’entre vous faisaient de la certification sans le savoir (notamment via JIMdpc !) 

Ce qui coince encore

Le principal maillon encore absent est donc le téléservice « Ma Certif Pro’Santé », dont le déploiement est annoncé pour fin 2026 par l’Agence du numérique en santé (ANS). Cet outil doit permettre aux professionnels d’accéder à leur référentiel personnalisé, de suivre l’avancement de leur parcours sur six ans et de déclarer leurs actions de manière sécurisée. En son absence, le dispositif repose aujourd’hui sur une logique déclarative fragmentée, ce qui limite sa lisibilité et sa traçabilité.

La vérification du respect des obligations relève des Ordres professionnels. À l’issue de chaque cycle, ceux-ci s’assurent que le professionnel a bien rempli ses engagements. Un point qui irrite déjà les syndicats, la CSMF en tête. En cas de manquement, une procédure contradictoire sera engagée. À défaut de régularisation, des sanctions peuvent être prononcées, pouvant aller jusqu’à la suspension d’exercice pour insuffisance professionnelle.

Au-delà de ses aspects opérationnels, la certification périodique marque une évolution majeure du cadre de formation des professionnels de santé. Reste une inconnue de taille : l’appropriation réelle par les professionnels, qui dépendra largement de la simplicité d’usage du futur téléservice… Certification périodique : la maison tient enfin debout mais une brique manque encore - Jim - 09 avril 2026.

 
 
 

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